Québec, le 25 mars 2025 – Selon Vivre en Ville, le budget du Québec, présenté aujourd’hui par le ministre Éric Girard, manque d’une direction claire pour que le Québec ressorte plus fort de la période actuelle de turbulence économique et sociale. L’organisation demeure vivement préoccupée du manque de vision en transport, alors qu’un nouveau plan d’action en mobilité durable est attendu, de même qu’en habitation et en environnement, bien que les investissements pour la résilience économique et pour la culture soient bienvenus.
« Ce budget prévoit une hausse de 7% des investissements en infrastructures et un soutien aux entreprises québécoises, une réponse traditionnelle en période de turbulence économique, mais il aurait fallu profiter de cette crise pour faire mieux. Bien que nous saluions la bonification des investissements en culture de plus de 500 M$ et les mesures pour soutenir l'économie, nous nous attendrions à une direction plus claire pour réaliser les changements nécessaires au Québec. Pensons par exemple à l’absence de mesure pour accélérer les mises en chantier et répondre aux besoins en habitation, ou à la stagnation des investissements en transport collectif. Il faudra être plus audacieux pour l’avenir », déclare Christian Savard, directeur général de Vivre en Ville.
Plus spécifiquement, en transport, alors que le nouveau Plan d’action de la Politique de mobilité durable est attendu dans les prochains mois, Vivre en Ville s’inquiète de l’absence de toute mention dans le plan budgétaire. La part demeure inchangée entre le réseau routier (71%) et les transports collectifs (29%), malgré l’engagement pris dans le Plan pour une économie verte « d’équilibrer » ces investissements. Trop de projets continuent de faire du surplace.
Les sommes consacrées au maintien d’actifs de transport collectif, en chute libre depuis 2018, se voient bonifiées de 600 M$ pour la prochaine décennie, mais connaissent surtout une nouvelle baisse pour les cinq prochaines années, ce qui laisse présager une situation réellement inquiétante pour des infrastructures vieillissantes. À l’inverse, pour le réseau routier, l’intention de « recentrer les investissements sur le maintien d'actifs » (ex. : autoroute 25 entre Saint-Esprit et Sainte-Julienne) est une réponse préférable à l’ajout de capacité.
En habitation, on ne constate pas de nouvelles mesures fiscales ou budgétaires structurantes pour stimuler la construction neuve ni de mesures pour l’ajout d’unités de logement à but non lucratif. La poursuite de l’Offensive formation en construction est positive, afin d’accroître la productivité sur secteur, mais l’absence de tout nouvel investissement pour la réfection des infrastructures d’eau constitue une réelle surprise, alors que les attentes étaient très élevées. Des aqueducs en bon état sont en effet nécessaires pour favoriser l’accélération des mises en chantier.
En environnement, le marché du carbone, bien qu’imparfait, demeure heureusement un pilier de la politique climatique et permet un rehaussement des investissements de 200 M$ au plan pour une économie verte. Le nouveau plan pour une économie verte devra toutefois être nettement plus précis sur l’intention de mettre en œuvre une véritable stratégie de sobriété énergétique pour le bâtiment et le transport, alors que le Québec demeure loin de l’atteinte de ses cibles de réduction de gaz à effet de serre.
Vivre en Ville appuie d’ailleurs l’intention gouvernementale d’établir une contribution annuelle des véhicules électriques pour financer les réseaux de transport, alors que le Fonds des réseaux de transport terrestres (FORT) demeure nettement sous-financé. Vivre en Ville voit également d’un bon œil les investissements dans la Politique bioalimentaire 2025-2035 et la poursuite du Plan d’agriculture durable.
Enfin, en matière de soutien aux entreprises québécoises, alors que le gouvernement annonce de nouvelles sommes pour dynamiser l’économie des régions, Vivre en Ville s’inquiète fortement des exigences d’optimisation demandées à la SAQ, qui risquent de se traduire par de nouvelles fermetures de succursales dans les centres-villes et noyaux villageois des municipalités québécoises, au détriment des entreprises avoisinantes. Rappelons que seulement 50 M$ des 470 M$ promis en campagne électorale par le premier ministre François Legault pour appuyer la vitalité économique des cœurs de collectivités ont été livrés. La période actuelle serait particulièrement propice au respect de cet engagement.
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À propos de Vivre en Ville
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Renseignements
Samuel Pagé-Plouffe
Directeur - affaires publiques et gouvernementales
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