Budget 2026-27 du Québec: Où sont les réponses aux crises? Un budget de renoncement

18 mars 2026

Québec, le 18 mars 2026 – Alors que le Québec vit des crises des infrastructures et de l’habitation, Vivre en Ville constate que le budget rendu public aujourd’hui n’apporte pas de solution structurelle. Qu’il s’agisse du maintien des actifs de transport ou de l’adaptation aux changements climatiques, les décisions sont repoussées à plus tard. 

Des déficits en transport à prendre au sérieux 

Pour les réseaux de transport, deux types de déficits inquiètent. D’une part, le déficit de maintien d’actifs du transport collectif atteint un niveau presque équivalent à celui du réseau routier, après avoir subi une réduction importante des investissements en maintien au cours des huit dernières années. Le nouveau plan québécois des infrastructures (PQI) ne corrige pas cette situation pour les prochaines années. 

De plus, le déficit structurel du Fonds des réseaux de transport terrestre (FORT), qui permet au gouvernement du Québec de financer le réseau routier supérieur et de soutenir les transports collectifs, atteint un niveau inédit, avec un transfert en provenance du fonds consolidé de 3,7 milliards.  

« C’est donc dire qu’on paye de plus en plus nos réseaux de transport à partir des revenus généraux, qui devraient financer les services comme la santé et l’éducation. Pourtant, la Loi sur l’administration financière prévoit que le FORT devrait être autofinancé. La situation est critique. Rappelons que le ministère des Finances lui-même sonnait l’alarme il y a trois ans et que le ministère des Transports et de la Mobilité durable n’a jamais rendu public le rapport de solutions qui était attendu il y a plus d’un an », déclare Samuel Pagé-Plouffe, directeur des affaires publiques et gouvernementales

Le prochain gouvernement se retrouvera donc dans une situation difficile pour assurer la pérennité des réseaux, tout en ayant le défi incontournable de fournir des services de transports collectifs dans toutes les régions du Québec. 

Des revenus essentiels pour faire face aux changements climatiques détournés 

« Cet exercice budgétaire est celui qui confirme le détournement de 1,8 milliard de revenus du marché du carbone vers le Fonds des générations. Il est aberrant que ces sommes soient détournées de l’objectif pour lequel elles ont été perçues: soutenir la décarbonation et l’adaptation aux changements climatiques. Les besoins d’investissement dans la transition climatique sont pourtant énormes. Vivre en Ville souhaiterait par exemple qu’une partie des revenus du marché du carbone favorise le développement d’écoquartiers abordables partout au Québec, comme le fait d’ailleurs notre partenaire californien avec ses propres revenus du marché du carbone », souligne Samuel Pagé-Plouffe

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Néanmoins, Vivre en Ville salue la mise en place du programme Rénoclimat – Adaptation, de même que la bonification du programme LogisVert. Ce type de programme contribue à faire face aux changements climatiques tout en réduisant les dépenses des ménages. 

De même, le rehaussement de 150 millions de l’enveloppe d’investissements du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation pour les infrastructures d’eau constitue le début d’un rattrapage salutaire. Rappelons toutefois que le déficit de maintien d’actifs s’élève à 45 milliards.

Où sont les crises? 

Enfin, Vivre en Ville constate que ce budget est particulièrement discret sur la question de l’habitation, allant même jusqu’à affirmer que « le déséquilibre s’estompera rapidement sur le marché de l’habitation, ce qui atténuera les pressions sur les prix ». 

« La croissance des mises en chantier des deux dernières années, qui nous a menés à un taux d’inoccupation d’à peine 2,7%, est très loin de suffire. Il faut être beaucoup plus proactifs pour répondre à la diversité des besoins en habitation et assurer une sortie de crise durable », conclut Adam Mongrain, directeur – Habitation.

 

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À propos de Vivre en Ville

Vivre en Ville ouvre la voie aux nécessaires transformations du territoire et de nos milieux de vie. Notre approche mise sur la sobriété, la proximité et le renforcement des solidarités pour soutenir l’épanouissement de tous et toutes, assurer la vitalité des collectivités, préserver la santé des écosystèmes et traverser les crises.

Depuis près de 30 ans, Vivre en Ville met l’audace, la rigueur et la collaboration au service de l’intérêt collectif. Combinant des compétences variées et complémentaires en aménagement, mobilité, alimentation, habitation et verdissement, son équipe propose des stratégies sensibles à chaque milieu et déclinées à toutes les échelles. Organisation à but non lucratif, Vivre en Ville est reconnue tant pour sa contribution au débat public que pour ses nombreuses publications et ses activités de formation, de sensibilisation et d’accompagnement, menées partout au Québec.


Renseignements 

Samuel Pagé-Plouffe
Directeur – Affaires publiques et gouvernementales
(514) 714-6762 | samuel.page-plouffe@vivreenville.org

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