Montréal, le 24 avril 2026 - Vivre en Ville se réjouit que le gouvernement du Québec ait enfin rendu public le projet de règlement sur la quantité de gaz de source renouvelable et qu’il aille de l’avant avec l’engagement pris à la Conférence de Bakou en 2024 pour mieux encadrer le gaz naturel dans le secteur des bâtiments.
Dans son Plan pour atteindre 100% d'énergies renouvelables à l'horizon 2040, le gouvernement s’engageait également à élargir le périmètre d'application d’un règlement existant, celui sur les appareils de chauffage au mazout, menant à l’interdiction d'installer des appareils de chauffage au gaz naturel dans les bâtiments résidentiels neufs de moins de 600 m² et de trois étages ou moins (projet non publié à date). Il sera essentiel d’adopter ces règlements pour envoyer un message clair au marché immobilier d’ici l’été.
« Bien qu’imparfaite, il s’agit d’une avancée significative. Le projet de règlement gagnerait à être bonifié pour offrir une meilleure prévisibilité au secteur au-delà de 2032 et pour constater si le Québec est dans une trajectoire de carboneutralité cohérente pour le bâtiment. Nous demeurons également préoccupés par la priorisation des usages du gaz naturel renouvelable, qui soulève plusieurs questions en matière d’approvisionnement et d’offre, mais saluons l’avancée, dans le contexte actuel. », déclare Samuel Pagé-Plouffe, directeur des affaires publiques et gouvernementales chez Vivre en Ville.
« Pour le groupe de travail Bâtiment du Partenariat Climat Montréal, atteindre 100 % d’énergies renouvelables dans les bâtiments d’ici 2040 exige des règles claires et des conditions de mise en œuvre permettant de mener à bien cette transition. Cela implique, à minima, de mettre fin à l’installation d’appareils à combustion dans le petit résidentiel neuf et d’accélérer la substitution du gaz naturel par des énergies renouvelables, dans les bâtiments existants », déclare Stéphanie Lopez, coordinatrice Bâtiment et immobilier durable, chez Vivre en Ville.
Des questions majeures
Le report à 2032 de la cible de 10 % de GSR dans le réseau gazier, ainsi que l’analyse d’impact réglementaire qui l’accompagne, soulèvent plusieurs interrogations:
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S’agit-il d'une insuffisance de planification plutôt qu’une réelle amélioration des conditions de mise en œuvre et de commercialisation, d’ici 2032?
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Comment l’atteinte de la substitution complète du gaz naturel fossile par des énergies renouvelables dans les bâtiments d’ici 2040 sera-t-elle garantie?
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Les volumes de GSR produits au Québec ne devraient-ils pas être prioritairement réservés à la transition énergétique québécoise?
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Ne faudrait-il pas aller plus loin dans l’interdiction du gaz naturel dans le petit résidentiel neuf, et plus largement?
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La tarification actuelle du gaz naturel ne freine-t-elle pas la transition énergétique?
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Les programmes d’aide financière gouvernementaux et ceux des fournisseurs d’énergie ne devraient-ils pas être revus selon les meilleures solutions disponibles et dans un souci d’équité?
Des semaines importantes pour l’action climatique
Les prochaines semaines seront cruciales pour concrétiser cet engagement phare du gouvernement pris lors de la Conférence sur les changements climatiques à Bakou en 2024. Vivre en Ville participera aux consultations entourant ce projet de règlement.
L’organisation rappelle également que la sortie du gaz fossile dans les nouveaux bâtiments découle en bonne partie du leadership municipal, plusieurs villes poursuivant déjà leurs efforts pour accélérer la décarbonation du cadre bâti.
Pour réussir la décarbonation du cadre bâti
Vivre en Ville souligne que l’outil Chauffermieux.comest à la disposition des propriétaires de bâtiments afin d’identifier les options de décarbonation les mieux adaptées à leur réalité.
Enfin, l’organisation rappelle que la réussite de la transition énergétique passera inévitablement par un important effort de sobriété énergétique, qui devra se refléter dans le futur Plan de gestion intégré des ressources énergétiques (PGIRE) attendu en juin.
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À propos de Vivre en Ville
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Renseignements
Samuel Pagé-Plouffe
Directeur – Affaires publiques et gouvernementales
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