Québec, le 21 octobre 2026 – Cinq organisations de la société civile québécoise se regroupent pour appeler le nouveau gouvernement à bonifier sa politique climatique afin de prévenir une accélération de la hausse des inégalités sociales causée par les changements climatiques. La nouvelle Alliance justice et climat invite le gouvernement à considérer les conséquences sociales dévastatrices liées à la crise climatique, dans un contexte marqué par la vie chère et la crise de l’habitation.
Réunies à Montréal, l’Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME), la Coalition montréalaise des Tables de quartier, l’Observatoire québécois des inégalités, l’Ordre des urbanistes du Québec et Vivre en Ville ont lancé aujourd’hui l’Alliance justice et climat, qui vise à mettre en lumière les conséquences des changements climatiques sur les conditions de vie des ménages les plus vulnérables, tout en proposant des solutions concrètes pour mieux y répondre. L’Alliance justice et climat profite de la nomination du Conseil des ministres pour inviter le gouvernement à considérer les impacts du dérèglement climatique sur les inégalités et à bonifier son Plan pour une économie verte en conséquence, dès le printemps prochain.
Une crise sociale qui prendra de l’ampleur
Selon l’Institut climatique du Canada, la perte de revenu engendrée par les changements climatiques sera de 23 % pour les ménages les moins nantis d’ici la fin du siècle. Si nos politiques économiques, environnementales et sociales n’œuvrent pas à mitiger cette menace dès maintenant, nous devrons assumer les conséquences de plus en plus critiques d’une crise sociale qui ne cessera de prendre de l’ampleur.
« Plusieurs planifications gouvernementales liées au climat sont en cours de révision ou d’élaboration, dont les plans climat municipaux. C’est une occasion à saisir pour nous assurer que nos politiques ne fassent pas reposer le fardeau économique de la lutte et de l’adaptation climatique sur les épaules des individus, au risque d’aggraver la crise sociale actuelle. En misant sur des mesures davantage structurantes, notamment en matière d’aménagement du territoire, on peut réduire nos émissions de GES, renforcer le caractère protecteur de nos milieux de vie et en répartir les coûts de manière juste, plutôt que de les transférer aux individus», a déclaré Florence Desrochers, coordonnatrice — Équité territoriale chez Vivre en Ville.
Pour des politiques publiques qui génèrent des retombées sociales et environnementales
Pour répondre à ce défi, l’Alliance justice et climat mise sur des mesures qui agissent sur les causes de la vulnérabilité climatique en priorisant la réponse aux besoins fondamentaux (logement, sécurité alimentaire, etc.) et en soutenant particulièrement les personnes en situation de précarité face aux aléas. Elle invite ainsi le gouvernement à élargir la portée de sa politique climatique, à travers son Plan pour une économie verte, afin de :
1) prioriser la santé et le bien-être des personnes les plus vulnérables face aux conséquences directes et indirectes des changements climatiques;
2) soutenir la résilience climatique locale en renforçant le tissu social et les liens de proximité.
Deux chantiers prioritaires pour prévenir les inégalités liées au climat
L’Alliance justice et climat propose deux chantiers prioritaires pour s’adapter aux changements climatiques et prévenir la précarité liée au climat :
1) prioriser l’accès à un logement abordable, sain et favorable à la santé pour toutes et tous, et reconnaître le logement comme composante essentielle de la résilience climatique;
2) financer et soutenir nos infrastructures sociales (organismes et centres communautaires, initiatives citoyennes, bibliothèques, parcs, etc.), qui sont des actifs de résilience des communautés.
L’Alliance justice et climat : pour mettre en lumière les conséquences sociales des changements climatiques et renforcer le caractère protecteur de nos milieux de vie
À l’initiative de Vivre en Ville, l’Alliance justice et climat réunit des organisations qui œuvrent en recherche, en santé environnementale et humaine, en développement des communautés, en aménagement du territoire et en urbanisme pour offrir des conditions de vie favorables à l’épanouissement des individus et des communautés.
Préoccupés par l’augmentation des inégalités et notre réponse collective face au dérèglement climatique, les membres de cette nouvelle Alliance soutiennent que la transition énergétique et l’adaptation des territoires sont l’occasion de renforcer le caractère protecteur de nos milieux de vie et d’en faire des lieux qui favorisent la santé et la sécurité de toutes et tous.
En alliant des expertises complémentaires, ses membres décortiquent les impacts du dérèglement climatique sur les inégalités sociales (dont celles de santé) et proposent des solutions structurantes aux gouvernements.
Site web: /alliance-justice-et-climat.aspx
Organisations membres
Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)
Coalition montréalaise des Tables de quartier (CMTQ)
Observatoire québécois des inégalités (OQI)
Ordre des urbanistes du Québec (OUQ)
Citations
« La santé environnementale et humaine sont indissociables, et agir sur l’environnement, c’est s’attaquer aux racines des problèmes de santé et aux conditions qui agissent sur la santé, de tout le monde. Or ce sont les ménages les plus vulnérables qui subissent d’abord et le plus durement les effets des changements climatiques qui s’ajoutent à leurs autres difficultés (coût de la vie, crise du logement, notamment). Les inégalités sociales de santé les appauvrissent encore et les gardent dans l’ombre des politiques publiques, tout en alourdissant les coûts financiers et humains pour notre système de santé et de services sociaux, et pour toute la société québécoise. » Patricia Clermont, Responsable (Ph.D), Association québécoise des médecins pour l’environnement (AQME)
« Face à la crise climatique, nous ne sommes pas tous égaux : les ménages les moins nantis y contribuent moins, mais risquent d’en subir davantage les effets et disposent de moins de ressources pour s’y adapter. C’est là tout l’enjeu de la justice climatique – au-delà du revenu, leurs conditions de vie et leur santé sont aussi en jeu. Nous avons l’occasion d’agir dès maintenant avec des solutions qui réduisent les émissions, renforcent notre résilience et protègent la santé. C’est ainsi que nous pouvons bâtir un Québec plus juste, équitable et inclusif. » Nathalie Guay, Directrice générale, Observatoire québécois des inégalités
« Notre travail de concertation afin d’améliorer les conditions de vie dans tous les quartiers de Montréal nous amène à constater que les populations vulnérables, qui ont déjà d’énormes difficultés à vivre décemment, sont les plus impactées par les changements climatiques. Paradoxalement, les politiques publiques et les mesures gouvernementales pour contrer les changements climatiques ou s’y adapter, se concentrent sur des infrastructures physiques ou s'adressent le plus souvent aux populations qui ont déjà des ressources pour y faire face. Il importe de corriger le tir et d’intégrer des mesures renforçant notre tissu social, notamment en consolidant et en investissant dans les infrastructures sociales qui sont tout aussi importantes pour soutenir les liens sociaux et de solidarité dans nos quartiers. » Yves Bellavance, Directeur de la Coalition montréalaise des Tables de quartier
« Partout au Québec, des municipalités procèdent actuellement à la mise à jour de leurs outils d’urbanisme pour se conformer aux nouvelles orientations gouvernementales. Il s’agit d’une occasion en or de concilier les impératifs d’équité sociale avec une action environnementale plus musclée. Pour bâtir des communautés dynamiques et résilientes, il est indispensable de veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte. Investir dans des logements réellement abordables et dans des « tiers-lieux » accessibles permettra non seulement de soutenir les plus vulnérables de nos concitoyens et concitoyennes, mais aussi de renforcer la vitalité civique et démocratique du Québec. » Hélène Lefranc, directrice générale, Ordre des urbanistes du Québec
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Renseignements
Francis Garnier
Conseiller – Affaires publiques
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