Mieux construire nos bâtiments, nos rues, nos quartiers, nos agglomérations

Déception de la COP, espoir des élections municipales

Par: Christian Savard Jeanne Robin
17 novembre 2021

COP26

Encore une fois, la 26e conférence de l’ONU sur les changements climatiques qui vient de se clore à Glasgow n’a pas permis d’obtenir les engagements nécessaires pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat, mais à la différence des mes anciennes chroniques post-COP, même si les gouvernements nationaux ne font pas montre d’une lucidité suffisante, nous avons quelque chose comme un nouvel espoir, du moins pour le Québec.

En effet, on l’espérait et elle est bel est bien arrivée, la vague municipale verte. Des équipes pleinement conscientes de leurs responsabilités ont pris les rênes de plusieurs municipalités québécoises. Un peu partout, nous avons porté au pouvoir des candidates et des candidats qui exprimaient clairement leurs préoccupations pour l’environnement. C’est réjouissant et porteur d’espoir.

Les prochaines années seront en effet cruciales. Nous savons qu’en matière de changements climatiques, nous ne pouvons plus nous permettre d’attendre. Les municipalités devront être proactives sur les deux fronts: celui de l’adaptation, pour limiter des conséquences qui se font déjà sentir, et celui de la réduction des émissions, pour empêcher des dégâts encore plus graves dans le futur, pendant que c’est encore tout juste possible.

Les municipalités ont en main de nombreux leviers d’action climatique, à commencer par leurs choix d’aménagement du territoire. Décider de l’organisation d’une collectivité, c’est déterminer la forme des bâtiments et les besoins de déplacements de la population. Cela a des conséquences majeures sur l’empreinte énergétique et le bilan carbone.

Dans les dernières années, notre équipe a travaillé avec plusieurs municipalités volontaires en matière d’action climatique. Nous en avons tiré une première série d’outils qui seront utiles à toutes celles qui souhaitent devenir, dès aujourd’hui, des municipalités amies du climat.

Pour guider le changement, d’abord, la conception d’un test climat est essentielle pour soutenir une amélioration continue des pratiques municipales. Des indicateurs mobilisateurs permettront, quant à eux, d’engager la population et l’ensemble des services municipaux dans la transition climatique.

Pour agir concrètement en vue de réduire les émissions des transports par l’aménagement du territoire, les municipalités devront repérer, dans les milieux sobres en carbone, les terrains sous-utilisés qui peuvent accueillir une croissance à faible impact climatique. Elles pourront alors planifier la densification, douce ou marquante, de ces terrains, en concertation avec la collectivité.

Pour réduire la dépendance à l’automobile, les villes devront réallouer une partie du réseau routier sous leur juridiction afin de la consacrer aux modes durables. Elles peuvent agir rapidement en élargissant les trottoirs, en développant les réseaux cyclables et en créant de nouvelles voies réservées au transport collectif. Les nouvelles mobilités, électriques et partagées, autant pour les personnes que les marchandises devront être appuyées par un appui financier ou par une facilitation à l’implantation.

Les municipalités ne peuvent pas régler toutes seules la crise climatique. Elles auront besoin de la cohérence et de l’appui des gouvernements. Au Québec, la Politique nationale d’architecture et d’aménagement du territoire qui sera adoptée au printemps prochain doit leur assurer à la fois des règles communes équitables et un soutien financier et technique aux meilleures pratiques.

Le virage vert municipal témoigne d’une prise de conscience partagée par la population et celles et ceux qu’elle a élus. Pour les paliers supérieurs de gouvernement, c’est un signal fort qu’il n’est plus temps de danser la tête dans le sable en espérant que les générations futures trouveront, elles, le moyen de résoudre les problèmes que nous leur aurons légués.

Au début de la campagne électorale municipale, nous posions aux candidates et candidats 10 questions pour connaître leur engagement en faveur du développement de collectivités viables. En plus de l’action climatique, ces questions portaient sur les nombreux pouvoirs des municipalités, qui sont bien placées pour travailler sur l'abordabilité du logement, la mobilité durable et active, la vitalité des centres-villes, la protection des milieux naturels et d’autres enjeux sociaux, patrimoniaux et de santé. Nous entendons, chez les nouvelles personnes élues, de nombreuses propositions qui font écho à ces préoccupations.

Au lendemain des élections, ce nouveau monde municipal a la légitimité démocratique de se faire le chef de file d’un virage lucide pour protéger l’avenir, tout en améliorant le présent. Ce leadership municipal ne pourra pas se contenter d’opérer au sein de l'appareil municipal même, les mairesses et maires devront prendre le flambeau et le porter plus haut, auprès de Québec et d’Ottawa. Et même que parfois, c’est auprès de leurs propres électeurs qu'il faudra montrer du leadership afin de convaincre des transformations urbaines nécessaires à la lutte aux changements climatiques.

Dans les prochains mois, nous irons à la rencontre des nouvelles équipes municipales. Pour entendre leurs besoins, mais aussi pour soutenir leurs convictions. Car le temps presse, pour sauvegarder un climat vivable, pour réduire les iniquités territoriales, pour bâtir des milieux de vie propices à l’épanouissement de chacun. Vivre en Ville entend poursuivre son appui en ce sens, partout au Québec.

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